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  • Cécile

Rencontre avec Lisa Millet Fondatrice, d’Histoires d’Artisans


Les Artisans d’art sont la mémoire des métiers qui ont fait la richesse historique et culturelle de nos sociétés. Pourtant ces métiers ont bien souvent été mis au rebut et leur apprentissage dénigré au profit des grandes études. Plutôt que de perdre ces savoirs-faire, et convaincue qu’il n’y a pas de règles pour les transmettre, si ce n’est une VRAIE volonté de transmettre, j’ai créé des outils permettant au plus grand nombre d’apprendre la tapisserie de sièges traditionnelle, à distance, à son rythme, pour le loisir ou pour changer de vie.

Chez Mon Bô Fauteuil, nous sommes également conscients de l’intérêt de ne pas seulement “savoir faire” son métier, mais également de “faire savoir” ce que l’on fait et d’intéragir en ce sens.

C’est pourquoi en plus de l’apprentissage technique de la tapisserie de sièges, nous accompagnons nos élèves en reconversion, à devenir des artisans entrepreneurs et… entreprenants !

Aujourd’hui avec Lisa Millet, fondatrice d’Histoires d’Artisans, nous échangerons autour de ces sujets primordiaux en cette période de recherche de sens dans nos métiers.

L’intérêt de gérer une entreprise lorsqu’on est professionnel des métiers d’art, la place de l’artisan dans l’innovation, les outils des nouveaux artisans pour entreprendre mais aussi pour transmettre.


L’artisanat d’art a un bel avenir ! La tapisserie de sièges aussi !







Bonjour Lisa, tu es la fondatrice d’Histoires d’Artisans. Qu’est-ce qui te passionne dans l’artisanat d’art et qu’est ce qui t’a amenée à te consacrer à faire connaître les métiers d’art et à accompagner les artisans ?


J’aime la richesse de ses métiers, l’histoire (qu'elle soit avec un grand ou un petit “H”) qu’ils racontent, le beau qu’ils nous apportent. J’aime également ces hommes et ces femmes qui les pratiquent. J’ai découvert l’humilité, la reconnaissance et la passion en les côtoyant. J’ai appris la patience et la répétition du geste à leur côté. J’ai compris que savoir et faire ne sont pas les même choses et que le savoir-faire demande de la pratique.






A quelles difficultés majeures sont, selon toi, confrontés les professionnels des métiers d’art aujourd’hui ?


A un problème de crédibilité. Nous parlons de plus en plus de ces métiers, et c’est tant mieux. De nombreux acteurs agissent pour qu’ils soient plus présents auprès du grand public. C’est d’ailleurs ce que j’ai souhaité en créant mon podcast Histoires d’Artisans. Mais après des heures d’interviews et des centaines de rencontres, j’ai compris que nos actions de communication portaient leurs fruits. Aujourd’hui, il s’agit de crédibiliser l’artisan (d’art) et son savoir-faire à la fois intellectuel et manuel. Qui de mieux qu’un tapissier d’ameublement pour accompagner un designer qui souhaite créer une nouvelle gamme de fauteuils ? Ces métiers connaissent le geste et la matière. Ils peuvent anticiper les contraintes et le temps qui agit sur l’objet. Je regrette que les designers, bureaux d'études et créateurs ne fassent pas davantage appel aux artisans d’art pour imaginer leurs créations. Ils pourraient avoir accès à de nombreuses innovations dont ils n’ont pas l’idée.

Cette crédibilité se ressent également auprès du grand public qui ne comprend pas les prix des produits qu’ils trouvent chez les artisans (d’art). Cela est dû, premièrement, à la grande consommation qui nous a mal éduqué aux prix. Mais également au fait que nous sommes de moins en moins à avoir des artisans dans nos familles et donc à comprendre ce que cela représente d’un point de vue travail.





Quelle est selon toi la place des métiers d’art dans l'innovation ?


Cette place est centrale. Je considère qu’innover sans s’entourer d’un expert en matériaux comme le sont les artisans d’art entraîne de fait un réduction de l’innovation. De nombreux exemples d’innovations grâce à l’artisanat existent. La première qui me vient à l’esprit est le merveilleux radiateur de Nicolas Pinon, laqueur, et Dimitry Hlinka, designer. Ensemble, ils ont su développer un objet design, contemporain et innovant. Ce type d’association, réalisée avec intelligence, peut être source de nombreuses innovations.





Les outils numériques peuvent-ils selon toi constituer un atout dans la gestion du quotidien des artisans et dans la transmission du savoir-faire des métiers d’art ?


Ils n’y contribuent pas, ils sont essentiels. Il n’est plus possible de s’en passer. Il existe de nombreux outils pour simplifier la gestion d’une entreprise : publication sur les réseaux sociaux, gestion de la relation client. Les intégrer dans son quotidien peut être long à appréhender mais une fois investis, cela change la vie.


La transmission de savoir-faire de manière digitale est également l’opportunité de sensibiliser un plus large public à son métier ainsi que de créer des vocations plus aisément. Ce n’est pas toujours simple de dématérialiser et de perdre le contact humain. Il faut conserver à l’esprit que se lancer dans l’un ne veut pas dire abandonner l’autre. Tout au contraire.



Penses-tu comme moi que métiers d’art et outils numériques sont compatibles et peuvent contribuer à faire rayonner des savoir-faire parfois très rares ?


Je pense qu’ils sont compatibles mais encore trop peu utilisés. Je rêve par exemple d’une plateforme participative similaire à Wikipédia, qui permettrait à tous les artisans de tous les métiers de partager leurs recettes et leurs techniques. De nombreux savoir se sont perdus avec le temps. Simplement écrits sur des carnets, ils ont disparu et c’est un immense patrimoine qui s’est éteint. Il est nécessaire que les générations actuelles et futures voient la transmission comme un bénéfice à la prospérité de leur métier et non comme la création d’une certaine concurrence. Penser que partager son savoir revient à partager son savoir-faire ce serait dévaloriser les années de répétition de geste, d’apprentissage et de recherche.




Aurais-tu des conseils à donner à quelqu'un souhaitant devenir tapissier de sièges ou professionnel des métiers d’art ?



Aujourd’hui, créer son entreprise artisanale, quel que soit le métier, ne revient pas seulement à apprendre le geste et la technique. Il est également nécessaire de savoir gérer une entreprise. Chaque entreprise des métiers d’art crée de la valeur et participe à toute une économie importante pour notre pays. Toutefois, sachez gérer une entreprise, vous entourer et développer votre réseau dans différents domaines. Ce sera précieux pour votre développement.



Pour en savoir plus sur Lisa et son bureau d’étude Histoires d’Artisans :


● Site : https://www.histoiresdartisans.com/
● Mail : lisa@histoiresdartisans.com
● Insta : @histoiresdartisans
● Linkedin : https://www.linkedin.com/in/lisa-millet/





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